Au printemps tout renaît, d'Eugène Goubert.
Au printemps tout renaît, tout fleurit.
Recueil : Les poésies et sonnets intimes (1872)
Chantez, petits oiseaux, sur l'aubépine en fleur, L'air est tout embaumé d'une molle senteur,
D'un vol prompt et léger la charmante hirondelle
Transporte à son doux nid, où son ami l'appelle,
Mousse et tendre duvet pour orner le logis,
Cher asile qui doit abriter ses petits.
Au souffle printanier, les arbustes déplient
Leur bel éventail vert, et tous les pommiers plient
Sous leurs rameaux touffus aux frais bouquets d'argent.
L'ajonc aux épis d'or, le genêt odorant
Balancent leur panache aux baisers de la brise ;
La pâquerette étoile une herbe encore grise :
Tout renaît, tout fleurit Hélas ! pour l'homme seul
Il ne luit qu'un printemps : qu'attend-il ? — Un linceul —
Eugène Goubert